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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 15:38

Quelques chiffres récemment publiés illustrent le fort dynamisme du marché de la VOIP / TOIP. Selon les chiffres de l'ARCEP pour le  4ème trimestre 2008, le volume du trafic en IP a représenté en France  47% de l'ensemble du trafic émis depuis les postes fixes (et même 67% pour le trafic international) et ce sont désormais plus de 41% des lignes fixes qui sont en VOIP, dont 25% en VOIP seule et 16% en VOIP en plus d'un abonnement RTC.


L'attrait tarifaire des packages "triple-play", qui tendent à généraliser des offres de communications fixes illimitées en national et vers plus de 50 destinations internationales, est certainement pour beaucoup dans ce fort développement du trafic en VOIP. Conséquence : les abonnés VOIP génèrent, en moyenne, 70% de trafic de plus que les abonnés RTC.


Au niveau mondial, 25% du trafic international serait du trafic VOIP, selon TeleGeography. L'utilisation de la VOIP se généralise dans les backbones des grands opérateurs internationaux, y compris pour du trafic TDM au départ et/ou à l'arrivée. Ceci montre que la technologie VOIP est totalement maîtrisée et permet d'offrir un service téléphonique de qualité, à conditions d'y mettre les moyens.


Toujours d'après TeleGeography, 8% du trafic international global a été généré par Skype, avec une croissance  de 41% en 2008. Skype compte près de 450 millions d'abonnés et a généré, au 1er trimestre 2009, un chiffre d'affaires de 153 M$, ce qui est tout à fait respectable pour un service au départ gratuit, enrichi par une offre "Skype Out" offrant des tarifs compétitifs vers le RTC.


Seule ombre au tableau, la TOIP ne se développe que lentement sur le marché des entreprises, qui attendent un niveau de qualité proche de ce celui qui est offert par le RTC ou le RNIS, c'est-à-dire, entre autres, un niveau de fiabilité à 99.999 que la TOIP n'a pas encore atteint. C'est le cas, tout particulièrement, pour les PME, qui ne disposent pas en interne des mêmes moyens techniques que les grandes entreprises pour maîtriser cette nouvelle technologie.


Selon la Ficome, fin 2008, 76% des entreprises françaises étaient encore équipées d’un PABX, et n’étaient donc pas encore passées à l’IP. La pénétration de la VoIP reste lente : le rythme de progression croît de 2% l’an. Le Crestel va dans le même sens et constate que la pénétration de la VoIP/ToIP au sein des entreprises est freinée, toutes les études le montrent, par un défaut de qualité et de « packaging » au regard des attentes des professionnels. Et l'ARCEP note que, face aux incertitudes de l’IP en termes de qualité de service, de fiabilité, de continuité, de sécurité, de nombreuses entreprises ont préféré retarder leur basculement à l’IP.


Les constructeurs, quant à eux, mettent en avant les promesses de la convergence voix / données, d'intégration plus forte des services de communication avec les applications métiers, des communications unifiées, c'est-à-dire le domaine de la COIP (Communications sur IP).


S'il est vrai que la convergence et la COIP peuvent apporter aux entreprises des avantages certains, même s'ils sont difficiles à évaluer, en termes de productivité, il ne faut pas oublier que la TOIP demeure une brique essentielle du service télécom attendu par les entreprises et que la question de l'amélioration de sa qualité de service doit être la priorité pour les fournisseurs de services.
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Published by Alain HAFNER - dans VOIP
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